Plus de deux longues années
auront été nécessaires à Codemasters pour
préparer une suite au sympathique Colin
McRae : DIRT qui avait relancé de belle manière la
saga de l'éditeur anglais dans la course aux jeux de caisse, mais
avec une nouvelle approche, plus off-road.
Sans surprise, on retrouve cet esprit casse-cou et tout-terrain
dans Colin McRae : DiRT 2 qui semble de plus en
plus s'émanciper du Vieux Continent et ses rallyes traditionnels
type WRC ou IRC, afin de mieux séduire le marché américain, à
l'image de sa nouvelle égérie Ken Block. Pour le meilleur ?



Are you
Ken ?
Dans
Colin McRae : DiRT 2, tout s'articule autour
du DiRT Tour, un hub regroupant la partie solo et multi du jeu, et
comme d'habitude, c'est la première qui nous intéressera d'abord.
Après avoir choisi le nom de son pilote, son surnom (parlé, à
sélectionner dans une liste - les autres pilotes l'utilisant pour
nous interpeller en pleine course notamment) et sa nationalité (qui
définira le système métrique du jeu : km/h ou mph pour la vitesse,
euros, dollars ou livres sterling pour la monnaie, etc.), on
débarquera au beau milieu du paddock en vue à la première personne,
si chère à l'éditeur anglais. Là, vision d'horreur ou presque,
puisque l'on y découvrira notre lieu de résidence, une caravane
bien pourrie qui n'évoluera malheureusement guère durant notre
carrière. Pourtant, c'est de là que tout partira : elle nous
permettra d'accéder à tout un tas d'options classiques, d'ajouter
quelques bibelots bien nazes dans son cockpit (un skate
pendouillant à son rétroviseur par exemple), mais aussi et surtout
de choisir notre prochaine épreuve via une carte du monde étendue
sur une petite table. Si le choix des courses disponibles est au
départ assez restreint, on aura bientôt la possibilité de voyager
aux quatre coins du monde pour des épreuves à Los Angeles aux
Etats-Unis ou dans l'état d'Utah, à Londres, en Croatie, au Japon,
en Malaisie, au Maroc et au Mexique. Des cailloux, de la ville, du
désertique et un peu d'exotique, le programme est assez varié même
s'il manque encore et toujours un peu de neige. On se consolera
avec les X Games, points culminants de notre carrière, trois
événements du genre étant à débloquer au gré des niveaux gagnés.
 |
Car la carrière solo de
Colin McRae : DiRT 2
repose sur un système d'expérience acquise en participant à des
courses. Pour progresser plus rapidement, la victoire sera
toutefois nécessaire, d'autant plus que celle-ci permet également
de débloquer des peintures pour ses voitures notamment. Mais
l'expérience s'acquiert encore en remplissant des missions. Il
s'agit là de
succès-
like, qui se traduiront par des bonus d'xp
dès lors que l'on aura dépassé un certain nombre de kilomètres
parcourus, ou réalisé assez de tonneaux. C'est toujours bon à
prendre, le détail de l'avancée de ces missions étant donné lors
des chargements dans le jeu, qui égrènent aussi nos statistiques -
une constante dans les jeux
Codemasters.
Du côté des épreuves, si les environnements s'avèrent assez variés,
les courses le sont tout autant. Pour preuve, on aura droit à du
rallye traditionnel avec des spéciales allant d'un point A à un
point B et des départs chacun son tour, du Trail Blazer reprenant
les mêmes principes que le rallye mais avec des modèles
ultra-puissants façon courses de côte, du Rally Raid jusqu'à huit
participants sur des pistes plus larges avec de nombreux
embranchements et des courses type Baja sur des circuits fortement
bosselés pour de jolis sauts et gadins qui s'en suivent. Enfin, on
ne peut pas oublier le rally-cross avec ses huit adversaires sur un
même circuit mêlant terre et asphalte. Ces derniers combats de boue
se déclinent en courses classiques, de domination (où il faudra
dominer un maximum de secteurs d'un tracé en réalisant son meilleur
temps) ou en Last Man Standing (toutes les vingt secondes, le
dernier concurrent en lice est éliminé).
A Block
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Bien sûr, à chaque épreuve son modèle adapté et l'on retrouve donc
des voitures de rallye proches des modèles de série (Subaru Impreza
WRX Sti, Ford Escort MKII, Mitsubishi Eclipse ou Lancer EVO IX
voire X, Nissan 350Z, BMW Z4 Coupé M, MG Metro 6R4, Pontiac
Solstice, etc.) pour le rallye, rally-cross et Trail Blazer - des
modifications étant parfois nécessaires pour utiliser le même
bolide dans différentes épreuves. De gros 4x4 façon Paris Dakar
sont également de la partie (Mitsubishi Racing Lancer, Volkswagen
Race Touareg 2, Hummer H3) pour le rally-raid (Raid T1 et Trophy
Trucks), tout comme une tripotée de buggies plus ou moins imposants
(Stock Baja, Buggies Class 1). On notera également qu'au gré de nos
pérégrinations, on changera plusieurs fois de catégorie de pilote,
de débutant à pro puis all-star, impliquant non seulement un niveau
de pilotage plus relevé, mais aussi des voitures à modifier à
l'aide de packs complets à acheter. Outre cet aspect, les
changements de peinture et les cochonneries à mettre dans son
cockpit,
Colin McRae : DiRT 2 n'offre aucune
véritable personnalisation de ses véhicules. Côté courses, il y en
aura en tout cas pour tout le monde, pour peu que l'on apprécie la
poussière, la boue, les bosses, les gros rochers et le spectacle en
général,
Codemasters n'ayant pas lésiné
sur les effets pyrotechniques à chaque tour bouclé et la tôle
froissée bien entendu.
Toujours très orienté arcade,
Colin McRae : DiRT 2
propose toutefois un
gameplay
revu par rapport au premier épisode, avec des modèles à la
direction moins vive, plus lourds et avec davantage d'inertie pour
des comportements un peu plus crédibles. On peut ainsi désormais
mieux inscrire sa voiture dans les virages avec des appels plus
probants, sans pour autant sacrifier la prise en main rapide. Autre
modification appréciable : les différences entre les véhicules de
catégories différentes sont plus marquées, si bien qu'il faudra
quelques secondes d'adaptation en passant d'une Subaru Impreza WRX
au Mitsubishi Racing Lancer par exemple. De quoi mieux rythmer la
carrière solo, qui jouit d'une bonne dynamique entre les épreuves
régulièrement débloquées, les courses "spéciales" (X Games et
autres défis simples face à Ken Block et ses comparses), la liberté
de progression et le contact avec les autres pilotes qui nous
interpelleront pendant la course, mais aussi après celle-ci, une
fois rentré au bercail. De façon générale, les courses s'annoncent
bien vivantes grâce à des tracés assez réussis (ce qui n'a pas
toujours été le fort de la saga
Colin
McRae). Et s'il manque encore quelques ornières et autres
gros pièges, on sera souvent récompensé d'une sortie de piste un
peu trop prolongée par un arbuste un peu costaud ou une vilaine
pierre à la corde, ce qui devrait vite nous détourner des envies de
hors-piste malgré l'absence de réelle baisse de performances en
dehors des sentiers battus. Les flaques d'eau, parfois
sournoisement placées, risquent également d'en surprendre plus d'un
tant elles coupent l'effort et peuvent déstabiliser son véhicule
ainsi que son pilote, pour peu que l'on roule en vue interne où une
grosse gerbe d'eau viendra nous aveugler une poignée de secondes.
Bien vu, et bien fait.
Souvent pointée du doigt dans les jeux de caisse, l'
I.A. de nos concurrents remplit ici globalement son
cahier des charges et parvient à offrir une certaine résistance
sans non plus s'octroyer tous les droits, y compris celui de nous
saboter une course. Nos adversaires n'abandonneront pour autant pas
leur position toujours facilement, tandis que certains perdront les
pédales et iront se jeter tout seuls comme des grands dans les
pneus. Et si par malheur on venait à les percuter lors de leurs
errements, on pourra utiliser un flashback et revenir dans le temps
pour corriger son pilotage en conséquence. Un principe hérité de
Race Driver : GRID et
disponible en nombre limité dans
Colin McRae : DiRT
2 selon le niveau de difficulté choisi : de cinq en
"facile" à un seul en "extrême" et zéro en "hardcore". Attention
toutefois, cette difficulté influe également sur le niveau de
pilotage de nos concurrents, qui montreront quelques qualités dès
le niveau "sérieux", le troisième sur les six proposés. La marge de
progression reste donc grande, et pour parvenir à ses fins, il ne
faudra pas hésiter à passer par la case réglages, qui permet de
jouer sur les rapports de boîte, l'appui, les suspensions, la garde
au sol, le différentiel, la répartition du freinage et c'est tout.
On aurait apprécier la possibilité de régler également la
répartition de la puissance ainsi que le type de pneus pour
privilégier les passages sur terre ou bitume en rally-cross
notamment, tandis que l'on remarquera qu'aucune indication sur la
course à venir n'est donnée avant celle-ci. Les réglages devront
donc être faits à la louche dans un premier temps, puis peaufinés
après un premier essai. Heureusement, les épreuves se relancent
immédiatement, sans temps de chargement. Enfin, de son côté, le
copilote - lorsqu'il est présent - s'avère lui aussi correct et
fournit ses informations précisément et dans les temps. A noter à
son sujet que l'on pourra non seulement choisir sa voix (masculine
ou féminine) mais aussi le type de ses annonces, avec des chiffres
ou des mots complets. C'est assez rare pour être souligné.
Melon Engine
Si
Colin McRae : DIRT
affichait déjà une plastique flamboyante,
Colin McRae :
DiRT 2 va - logiquement - encore plus loin, avec des
décors toujours plus détaillés et crédibles, des effets de fumée
maîtrisés et des modélisations impeccables des différents véhicules
proposés. Cerise sur le gâteau, aucune baisse de
frame rate n'est à signaler, même en
rally-cross et en vue interne. Particulièrement soigné, le jeu de
Codemasters déçoit toutefois par
l'absence de météo. Il faudra se contenter des gerbes d'eau en
passant dans les rigoles - effet par ailleur particulièrement
réussi. Et quant au cycle jour/nuit, il n'est lui non plus pas
vraiment de la partie, même si certaines courses s'effectuent bien
de nuit. Parce qu'on est exigeant, on notera aussi une interface un
peu trop lourde entre les courses, mais dissmulant la plupart du
temps les chargements. Reprenant les acquis de
Race Driver : GRID, les dégâts font,
eux, toujours plaisir à voir, avec des modèles se déformant
largement et lâchant un peu de lest après chaque accrochage. Du
beau travail, associé une fois encore à un système de dégâts
extrêmes qui sonnera la fin de la course après une sortie de piste
un peu trop violente. Dommage en revanche que les répercussions sur
le pilotage soient aussi peu subtiles et si scriptées.
Concrètement, seuls les roues et le moteur battront de l'aile au
fur et à mesure de nos accrochages (impliquant une direction
faussée ou un moteur plus poussif), et avant qu'ils ne rendent
l'âme, il faudra vraiment persévérer et foncer dans tout ce qui
bouge. Enfin, la partie sonore se hisse au niveau du reste du titre
avec des moteurs encore une fois plutôt crédibles et une bande son
bien punchy. Du tout bon.
Terminons enfin avec un mot sur la partie multijoueur de
Colin McRae : DiRT 2. Celle-ci ne propose
malheureusement pas de mode en écran
splitté, mais se rattrape avec des parties
en ligne jusqu'à huit et avec ou sans classement. Dans le premier
cas, il s'agira du Pro Tour, une mini-campagne comprenant -
contrairement au multi de
Colin McRae :
DIRT premier du nom - tous les aspects du jeu solo
: du Contre-la-montre ("Fou de Chronos") en rallye ou Trail Blazer,
de l'"Escarmouche" en Landrush, rally-cross et Raid, en enfin
quelques courses alternatives en "Grabuge", soit du Last Man
Standing et un peu de Domination. Et pour se détendre, on se
tournera davantage avec la partie Jam Session, sans classement
donc, pour des courses largement paramétrables par les joueurs (en
solo ou par équipe, une ou plusieurs manches, avec ou sans
réglages/dégâts, boîte manuelle seulement, etc.), le tout toujours
jusqu'à huit joueurs.
Colin McRae : DiRT 2 fait
donc bien mieux que son prédécesseur de ce côté-là également, ce
qui n'était de toute façon pas bien difficile tant
Colin McRae : DIRT décevait en
multi.
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